TRIBUNE (environnement): Microplastiques et pollution

Les députés européens ont approuvé à une large majorité, mercredi 24 octobre, un texte visant à interdire certains objets jetables en plastique, tels que les cotons-tiges, les assiettes et les couverts, accusés de polluer les océans.

J’approuve cette décision. En effet, depuis le début de la législature, je suis intervenue à plusieurs reprises pour promouvoir des mesures plus respectueuses de l’environnement comme par exemple l’interdiction des pailles en plastique (http://frederiquelardet.fr/communique-de-presse-projet-de-loi-egalim-frederique-lardet-promeut-pratiques-plus-respectueuses-de-lenvironnement/) .

Si, pour le moment, ces mesures n’ont pas été adoptées au niveau national, je reste mobilisée sur le sujet, raison pour laquelle j’ai, d’une part rejoint le collectif parlementaire transpartisan “Accélérons” pour la transition énergétique (http://frederiquelardet.fr/environnement-creation-dun-collectif-parlementaire-transpartisan-transition-ecologique/) et, d’autre part, cosigné récemment une tribune adressée à F. DE RUGY concernant la pollution de nos océans par les microplastiques.

Reprise en partie par les Echos et prenant tout son sens au vu de l’actualité européenne (https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0600020909700-pollution-des-microplastiques-lettre-ouverte-a-francois-de-rugy-2215947.php), je vous invite à en prendre connaissance dans son intégralité :

“Lutter contre la pollution plastique de nos espaces marins est aujourd’hui une priorité. En 2018, le programme des Nations Unies pour l’environnement a placé la question du plastique dans les mers et les océans parmi les six urgences environnementales les plus préoccupantes. Moins de 30% des déchets plastiques sont récupérés et recyclés dans l’Union européenne alors que la France compte parmi les mauvais élèves européens. Les déchets plastiques représentent plus de 85% des déchets marins dans les océans, dont 80% proviennent de sources terrestres et pèsent de 5 à 13 millions de tonnes chaque année. En mer Méditerranée, la situation est catastrophique, les déchets plastiques constituent 95% des déchets, ce qui en fait la mer la plus polluée au monde!

Ces dernières années, la lutte contre la pollution plastique s’est principalement focalisée sur la diminution de macro-plastiques, ou “macro-déchets” sous forme de bouteilles, mégots, sacs plastiques ou filets de pêche. Selon une récente étude du WWF France, ils représentent un volume de 150.000 à 500.000 tonnes par an dans les océans. La Commission européenne souhaite, dans sa récente “stratégie plastique”, réduire la consommation de plastiques à usage unique. La France a, quand à elle, non seulement anticipé la transposition de mesures européennes, en interdisant le recours aux ustensiles en plastique à usage unique tels que les pailles, les couverts, les boîtes en plastique… à compter de 2020. Le Ministère de la Transition écologique et solidaire a également pour objectif, à travers sa feuille de route “économie circulaire”, d’amener les industriels à incorporer plus de produits recyclés et biosourcés dans leur modèle de production afin de tendre vers 100% de plastiques recyclés en 2025.

Nous souhaitons attirer votre attention sur l’insuffisance des mesures prises à l’encontre d’une autre forme de pollution plastique: celle causée par les “micro-plastiques”. Ces particules inférieures ou égales à 5 mm, représentent jusqu’à 30% de l’ensemble des plastiques libérés dans les océans. De plus en plus d’Etats agissent contre les micro-plastiques dits “intentionnellement” ajoutés aux produits comme les cosmétiques ou les produits de nettoyage, alors que ceux-ci ne représentent que 2% de l’ensemble des micro-plastiques. Les 98% de micro-plastiques primaires restants proviennent de pertes plastiques dites “non-intentionnelles” telles que le textiles synthétiques (34.8%), l’usure des pneumatiques (28.3%), ou encore la poussière des villes (24%). Par ailleurs, une autre forme de micro-plastiques dits “secondaires” provient de la dégradation en milieu marin de macro-plastiques, tels que les sacs plastiques. Il est urgent de lutter efficacement contre ces différents types de micro-plastiques, qu’ils soient secondaires ou primaires. L’interdiction des sac plastiques, des coton tiges ou le nettoyage des plages sont donc utiles car ils éveillent les consciences, mais ces actions ne sont pas suffisantes compte tenu de l’ampleur de la pollution plastique sous toutes ses formes.

Un récent sondage Eurobaromètre montre que 87% des Européens se sentent concernés par les effets du plastique sur l’environnement. En France, la mobilisation est forte, de nombreux citoyens s’impliquent pour réduire les déchets plastiques.

Nous, signataires de cette tribune, vous invitons, Monsieur le Ministre, à prendre en considération l’urgence à lutter contre la pollution par les pertes non-intentionnelles de micro-plastiques. Nous considérons que cette forme de pollution omniprésente et invisible nécessite une approche stratégique prioritaire et ambitieuse, tant en France qu’à l’échelle de l’Europe. Nous appelons le Gouvernement français à être le pilote d’une politique de préservation de nos mers, de nos océans et de nos fleuves, en favorisant l’unité européenne sur cette question. Nous espérons que le Parlement européen incitera fortement la Commission européenne à accroître le niveau de lutte contre les pertes non intentionnelles de micro-plastiques. Nous demandons que la France réduise sa production de plastique en sensibilisant les industriels de nos territoires et améliore le taux de collecte et le processus de recyclage du plastique en impliquant tous les acteurs sur le terrain.

La France doit être ambitieuse pour réussir à atteindre les objectifs environnementaux de sa feuille de route et relever ainsi les défis de la transition écologique dans le cadre de la COP24!”

 

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