The D-Day : Présentation de la loi de programmation militaire 2019-2025

« Je veux une France forte, maîtresse de son destin, protectrice de ses citoyens et de ses intérêts, capable d’assurer sa défense et sa sécurité, et, en même temps, capable de proposer des réponses globales aux crises qui nous touchent. Je veux une France qui aide et qui protège ceux qui sont les victimes de l’obscurantisme ou du terrorisme, et dont la voix soit entendue par-delà nos frontières. Je veux une France fidèle à ses engagements au sein de l’Alliance atlantique, mais qui soit également le moteur de l’autonomie stratégique européenne. » Emmanuel Macron, Vœux aux armées, 19.01.2018

Annoncé comme l’un des textes majeurs du quinquennat, la loi de programmation militaire a été présentée ce jeudi en conseil des ministres puis devant les parlementaires de la commission de la défense nationale et des forces armées.

Sur la forme, il s’agit d’une loi de programmation c’est-à-dire un document qui vise à établir la trajectoire pluriannuelle des dépenses de l’Etat dans un domaine précis. Cependant, elle est non contraignante ce qui permet de la modifier en cours d’exécution dès lors que les événements le justifient.

Sur le fond, La LPM 2019-2025 vise à corriger le désinvestissement conséquent des dernières LPM. Près de 200 milliards seront investis sur 5 ans, soit un investissement sans précédent permettant de porter l’effort de défense à 2% du PIB à l’horizon 2025.

Puisque les menaces sont actuelles mais les défis à venir, cette LPM répond aux besoins immédiats des armées tout en anticipant l’avenir. Pour ce faire, elle s’organise en 4 axes :

1) Une « LPM » à hauteur d’hommes.

Depuis sa prise de fonctions, la ministre des Armées se montre particulièrement attentive à l’environnement familial du soldat. Dès octobre, un plan d’accompagnement des familles et d’amélioration des conditions de vie des militaires a été présenté. La LPM permet d’inscrire son financement dans la durée.

Etre à hauteur d’hommes, c’est aussi se préoccuper des équipements et de leur bonne adaptation aux conditions du terrain. Ceux-ci seront donc améliorés et modulaires.

Parmi les autres mesures, on peut noter un effort en matière d’effectifs et une gestion plus appropriée des ressources humaines.

2) Renouveler les capacités opérationnelles

Pour mettre fin au vieillissement des matériels militaires, la loi de programmation militaire prévoit un effort accéléré en faveur de la modernisation des équipements conventionnels. Les matériels les plus anciens dont l’usure a été précipitée par l’intensité des engagements récents, seront remplacés de manière plus rapide. Les trois armées sont concernées :

Dans l’armée de terre, 50 % des nouveaux blindés médians seront livrés d’ici 2025, dans le cadre de l’accélération du programme SCORPION.

La Marine nationale bénéficiera elle de sous-marins nucléaires d’attaque et de frégates plus modernes, avec la livraison des nouveaux BARRACUDA, des FREMM et des FTI.

Quant à l’armée de l’Air, elle verra sa flotte renforcée ou renouvelée, autant en termes d’avions ravitailleurs, que de drones ou d’avions de chasse.

3) Garantir notre autonomie et soutenir la construction d’une autonomie stratégique européenne

Pour peser sur la scène internationale et européenne, encore faut-il avoir des capacités crédibles dans des domaines de pointe. Aussi des investissements seront faits dans des secteurs discriminants – renseignement, cyber, espace exo-atmosphérique etc.- afin que la France puisse jouer un rôle clé dans les coalitions.

Ce sera par exemple un nombre de « cybercombattants » porté à 4000 avec les moyens financiers adéquats, de l’ordre d’1,6 milliard sur toute la période.

4) Innover pour faire face aux défis futurs

Pour la ministre des Armées, l’innovation est un point de vigilance. En septembre 2017, en clôture des universités d’été de la défense, elle déclarait « Il est donc vital que l’innovation inspire l’ensemble de la communauté de défense, pour garantir la supériorité technologique de nos forces sur le terrain face à des adversaires, actuels et potentiels, de plus en plus habiles et inventifs dans l’utilisation des nouvelles technologies. L’innovation permettra aussi de gagner en efficience de nos moyens humains, financiers et industriels. Elle tirera profit, enfin, de la créativité de notre communauté de défense »

La LPM concrétise cet engagement de plusieurs manières

– Un budget des études amont et de l’innovation en R&D porté de 730 millions en 2018 à 1 milliard d’euros en 2022

– Un budget moyen d’1,8 milliards d’euros par an consacré à la conception des futurs grands programmes d’armement structurants pour l’avenir

– Une participation pleine et entière au plan interministériel « Action publique 2022 » au travers de 14 chantiers de transformation et de modernisation, dont la réforme du maintien en condition opérationnelle des équipements ou la transformation de la Direction Générale de l’Armement.

Investissements conséquents, attention portée aux hommes et aux matériels, gestion du présent et anticipation de l’avenir… Cette LPM 2019-2025 se donne les moyens d’atteindre l’objectif d’atteindre « l’outil de défense complet, fort, moderne, puissant » que le Président appelait de ses vœux en janvier.

Place à présent au travail parlementaire : des auditions de toutes les parties prenantes, personnels civils et militaires, industriels de défense, think tank… sont prévues jusqu’à la mi-mars, date de l’examen du texte en commission, afin d’accompagner les députés dans leurs travaux d’amélioration de cette loi.

Pour ma part, je me suis vue confier la question des études amont, eu égard aux réflexions que j’avais déjà menées à l’occasion de mon rapport sur le programme 144 de la loi de finances concernant l’environnement et la prospective de la politique de défense.

Pour en savoir plus : Consulter le dossier LPM 2019-2025 sur le site internet du ministère des armées

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