UN PRÉSIDENT ET UNE MAJORITÉ A L’ÉCOUTE

Lundi 10 décembre 2018, le président de la République s’est adressé à tous les Français et annoncé une série de mesures exceptionnelles et à effet immédiat.

REDONNER DU POUVOIR D’ACHAT AUX FRANCAIS

Les premières mesures annoncées par le président visent à mieux rémunérer le travail et à redonner du pouvoir d’achat aux Français. “Je demande au Gouvernement et au Parlement de faire le nécessaire afin qu’on puisse vivre mieux de son travail dès le début d’année prochaine”, a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron a ainsi annoncé que le revenu d’un salarié au Smic augmentera à hauteur de 100 euros nets par mois dès 2019,sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur”. Cette mesure sera permise grâce à l’accélération de l’augmentation de la prime d’activité et à la suppression des cotisations salariales. Il s’agit d’un engagement pris pendant la campagne présidentielle, qui devait être effectif d’ici la fin du quinquennat et qui sera accéléré pour une entrée en vigueur en 2019.

Le président de la République a également demandé “à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés.” Cette prime ne sera pas soumise à des impôts ou charges sociales. Cette annonce vient confirmer la proposition émise par le Gouvernement la semaine dernière en faveur d’une prime exceptionnelle versée par les entreprises à leurs employés.

Troisième annonce visant les travailleurs : la défiscalisation des heures supplémentaires. Ces dernières seront “versées sans impôts ni charges dès 2019”, a affirmé Emmanuel Macron. Au-delà des 35 heures légales travaillées par semaine, un salarié est rémunéré pour chaque heure supplémentaire effectuée en entreprise. Ce temps de travail est généralement majoré de 25%.

UN GESTE POUR LES RETRAITES

Le président de la République s’est également adressé aux retraités. “Ils constituent une partie précieuse de notre nation”, a-t-il déclaré. “Pour ceux qui touchent moins de 2 000 euros par mois, nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année.

En janvier dernier, la CSG avait été relevée de 1,7 point. La hausse de cette cotisation avait été votée pour compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé. Elle concernait les retraités percevant plus de 1 200 euros mensuels.

DES MESURES D’ORDRE FISCAL

Le président de la République s’est également exprimé sur deux sujets majeurs d’ordre fiscal. D’abord, il a tenu à revenir sur l’enjeu de l’impôt sur la fortune (ISF), qui ne sera pas rétabli. “Conformément aux engagements pris devant vous, cet impôt a été supprimé pour ceux qui investissent dans notre économie et donc aident à créer des emplois, et il a été maintenu au contraire pour ceux qui ont une fortune immobilière”, a expliqué Emmanuel Macron.

Supprimé le 20 octobre 2017 par un vote au Parlement, l’ISF était versé par 350 000 foyers dont le patrimoine net (biens immobiliers, produits financiers, meubles, œuvres d’art, véhicules, bijoux) était supérieur à 1,3 million d’euros. Cet impôt avait été remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière, qui concerne les foyers propriétaires de biens immobiliers dont la valeur est supérieure à 1,3 million d’euros.

Enfin, le président de la République a évoqué la lutte contre l’évasion fiscale. “Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France, et les grandes entreprises qui y font du profit doivent y payer l’impôt, c’est la simple justice”, a-t-il déclaré. Une référence à l’instauration d’une taxe sur les grandes entreprises du web annoncée la semaine dernière par le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire.

Nous répondrons à l’urgence économique et sociale par des mesures fortes, par des baisses d’impôt plus rapides, par une meilleure maîtrise des dépenses plutôt que par des reculs”, a affirmé le président.

MAINTENIR LE CAP POUR LA TRANSFORMATION DU PAYS

Concernant la poursuite de la politique gouvernementale, Emmanuel Macron a été clair : “J’entends que le Gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays que le peuple a choisi il y a maintenant 18 mois”. “Nous avons devant nous à conduire une réforme profonde de l’État, de l’indemnisation du chômage et des retraites. Elles sont indispensables. Nous voulons des règles plus justes, plus simples, plus claires et qui récompensent ceux qui travaillent”.

Enfin, un débat d’ampleur nationale sera mené dans les territoires et avec tous les acteurs concernant des changements de fond. Parmi eux : ceux de l’identité de la Nation et de l’immigration. Le président de la République a conclu son allocution en déclarant vouloir rencontrer les maires de France, ces “interlocuteurs naturels des citoyens” afin de “bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la Nation”.

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