Ecole maternelle : instruction obligatoire dès 3 ans, pour « corriger » « les inégalités sociales héritées de la naissance »

Le président de la République a ouvert avec J.-M. Blanquer les Assises de l’Ecole Maternelle, au CNAM (Paris). Elles ont réunis pendant 2 jours 400 membres et partenaires de la communauté éducative pour faire le point sur la place de l’école maternelle dans notre système éducatif et pour définir les pistes pour accroître sa contribution à la réussite et à l’épanouissement des enfants.

Le président de la République a annoncé sa volonté « de rendre obligatoire l’école maternelle et ainsi d’abaisser de 6 à 3 ans l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019 ».

C’est une mesure forte : la durée de l’instruction obligatoire n’a été étendue qu’à deux reprises depuis la loi Ferry de 1882. D’abord obligatoire de 6 à 13 ans, elle a été étendue à 14 ans en 1936, puis à 16 ans en 1959.

L’école maternelle « est et sera davantage à l’avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français », le lieu où l’égalité réelle peut se faire, en compensant « par l’apprentissage scolaire les inégalités sociales héritées de la naissance ».

Cela va de pair avec une meilleure reconnaissance de l’importance et des spécificités de l’école maternelle, et donc de ceux qui y travaillent, notamment les professeurs et les ATSEM (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) : « nous aurons besoin de toutes leurs compétences, de tout leur savoir-faire ». Les collectivités territoriales seront également évidemment associées.

Aujourd’hui, 97% des enfants sont déjà scolarisés dès trois ans : « l’école maternelle est de fait plébiscitée »

Mais « près de 25 000 enfants ne fréquentent pas la maternelle – ce sont donc 25 000 vies qui vont être changées pour le meilleur. [Ce chiffre] cache des réalités territoriales disparates » : il est de moins de 70% dans certains départements d’outre-mer, de 87% en Corse et de 93% à Paris.

 

Cette mesure s’inscrit dans la lutte contre la pauvreté et la fabrique des inégalités profondes : il s’agit de les corriger, avec une assiduité pour « les enfants de tous les milieux », et en évitant les phénomènes de déscolarisation. « 80% des décrocheurs du système scolaire (…) sont déjà en difficultés au CP » (Emmanuel Macron, 27/03/2018).

Le langage est «la première inégalité entre les enfants » (J.-M. Blanquer,  27/03/2018). « Prévenir le décrochage, permettre la réussite de chaque enfant de la République, demande d’agir au plus tôt.» (Emmanuel Macron, le 27/03/2018).

« Beaucoup se joue à la maternelle ». « La plasticité du cerveau avant 6 ans est particulièrement propice à l’assimilation du langage, or (…) c’est à ce  moment que les décrochages les plus profonds se fabriquent. ».

L’école maternelle doit aussi « mieux accueillir, intégrer tous les enfants en difficulté (…) mais également les enfants vivant en situation de handicap ». « Ce sujet est fondamental. »

Ces ambitions résonnent avec tout ce que le Gouvernement a déjà fait dans l’éducation :

–          Le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les territoires les plus fragiles

–          Le dispositif « Devoirs faits »

–          Retour de la lecture et des langues vivantes et anciennes au collège

–          La réforme du baccalauréat

–          Une meilleure orientation pour les lycéens

–          La reconception du temps scolaire et parascolaire autour du mercredi.

 

Toutes ces mesurent concourent « à la même perspective : « pleinement reconnaître le rôle essentiel de l’école pour construire une société et permettre l’épanouissement des individus » 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *