« Notre agriculture doit mener trois combats : le combat de la valeur, le combat de l’ouverture et le combat pour la planète. » Emmanuel Macron

 

Le 25 janvier dernier, le Président de la République a adressé ses vœux au monde agricole.Il a tenu un discours direct sur le tournant que doit prendre notre agricultureface à des difficultés liées aux bouleversements de la mondialisation, mais aussi aux erreurs stratégiques des dernières années. « Notre agriculture est à la croisée des chemins. » 

·         Il n’est pas trop tard pour prendre ce tournant : l’agriculture française est forte de son talent, de sa ténacité et d’un savoir-faire envié dans le monde entier. Elle est déjà largement engagée dans une démarche de qualité et de différenciation, qui est une des voies du succès. Pour réussir à prendre le tournant et recouvrer notre souveraineté agricole, le Président a dessiné une stratégie fondée sur trois combats.

Le premier combat est celui de la valeur : « chaque agriculteur doit être rémunéré au juste prix ».

–          Ce combat passe par la loi alimentation, qui sera présentée la semaine prochaine et prévoit notamment le renversement de la construction des prix, le relèvement des seuils de revente à perte et l’encadrement des promotions.

–          Il passe ensuite par la Charte signée à l’issue des Etats généraux de l’alimentation. Bruno Le Maire et Stéphane Travert réuniront les acteurs de l’agro-alimentaire la semaine prochaine pour leur rappeler leurs engagements. « S’il n’y a pas de changement, nous dirons aux consommateurs français qui fait quoi ».

–          Il passe troisièmement par une stratégie déclinée par filière dans les contrats de filières, auxquels doivent être intégrés des indicateurs économiques objectifs.

–          Il passe enfin par une réflexion sur le foncier. A ce sujet, le Président a indiqué que des mécanismes, par exemple de portage, seraient mis en place pour aider les jeunes à s’installer. Des propositions concrètes seront faites dans les prochaines semaines.

Le deuxième combat est celui de l’ouverture : « Il ne faut pas en avoir peur mais s’organiser pour en être les gagnants filière par filière. » 

–          Elle passe par les grands accords commerciauxqui peuvent nous être favorables à condition qu’ils soient cohérents avec nos engagements sociaux et environnementaux, et que nous soyons clairs sur nos lignes rouges. A cette double condition, « nous avons beaucoup à conquérir. » (ex : marchés turcs, chinois et japonais pour la viande)

–          L’ouverture se gagnera ensuite « par et avec l’Europe ». Le Président a sur ce sujet appelé à « une PAC moins bureaucratique, qui soit un vrai mécanisme de protection face à la volatilité des prix.» Il s’est engagé à ce que la sortie de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels, qui doit se faire dans un délai de 2 à 3 ans, soit accompagnée.

–          Une ouverture réussie passera enfin par une stratégie nationale, d’accompagnement des agriculteurs dans leur gestion financière, via la mise en place d’une épargne de précaution à partir du 1er janvier 2019 ; de souveraineté protéine ; et de sécurité sanitaire, sujet sur lequel nous ne ferons « aucun compromis ».

Le troisième combat est celui pour la planète qui doit être mis « au cœur de notre modèle productif ».

–          Il passe par la sortie du glyphosate qui se construira sur un conseil indépendant, une responsabilisation des filières et une recherche plus proactive pour trouver des solutions alternatives. « Je n’imposerai jamais une sortie s’il n’y a pas d’alternatives crédibles ».

–          Il passe ensuite par la production d’énergie renouvelable par les agriculteurs. Le Président s’est sur ce point engagé à accélérer les procédures.

–          Il passe enfin par la promotion d’unealimentation bio et locale, notamment dans les cantines.

·         En conclusion, le Président a salué la passion et l’engagement des agriculteurs : « Ce n’est pas un métier : c’est une vie ». Il a appelé le monde agricole à « penser printemps ».

ZOOM SUR L’ENCADREMENT DES PROMOTIONS EXCESSIVES

·         L’objectif est « de lutter contre les promotions excessives qui pervertissent aux yeux du consommateur la notion du juste prix » (S. Travert, Le Parisien, 25/01/2018)

·         « Nous allons limiter les promotions sur les produits alimentaires à hauteur de 34% de la valeur totale ».

·         « En cas de surproduction de denrées alimentaires périssables, il est prévu une exception à la règle. » Il sera par exemple possible de vendre en promotion des fruits en surplus.

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